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Baptême de promotion à l’École de santé des armées de Lyon Bron

Mise à jour :02/02/2017  - Auteur :  ESA/CMP

Le samedi 01 octobre 2016 la promotion 2015 de l’Ecole de santé des armées (ESA) de Lyon Bron a été baptisée du nom de «Médecin général inspecteur JAME» au cours d’une cérémonie présidée par le médecin général inspecteur Patrick GODART, directeur central adjoint du Service de santé des armées (SSA).

Ce baptême est l'un des événements les plus importants de la scolarité des santards (élèves de l’ESA). 

Lauréats du concours de première année, les élèves de la promotion 2015 ont choisi pour parrain une personnalité qui se distinguait par un grand patriotisme, une grande rigueur morale et qui a connu un parcours exceptionnel, tant sur le plan scientifique que militaire : le médecin général inspecteur Lucien JAME. 

« Né le 20 octobre 1891, fils d’un officier de gendarmerie, Lucien JAME connaîtra la scolarité itinérante inhérente à beaucoup d’enfants de militaires et s’orientera très vite vers des études associant son appétence pour les sciences médicales et le milieu militaire. C’était en 1911, et il ne se doutait probablement pas, lorsqu’il entra à l’École du service de santé militaire à Lyon, des épreuves qui l’attendaient et du parcours d’exception qui serait le sien. Extrêmement doué pour le dessin et la peinture, il exerçait également ses dons dans la caricature pour le plus grand plaisir de ses camarades et certains de ses maîtres de l’époque ont vu leur image ainsi fixée pour la postérité par un caricaturiste de talent. 

La déclaration de guerre d’août 1914 envoya tous les élèves au front et comme tous ses camarades, Lucien JAME partit comme médecin auxiliaire à la 10ème section d’infirmiers militaires au Xème corps d’armée. Il allait ainsi vivre et surmonter toutes les épreuves qu’ont connu les médecins de la Grande Guerre. C’était l’un d’entre eux et la croix de guerre avec deux citations lui seront attribuées pour son comportement exemplaire pendant ce premier conflit mondial. 

La fin de la guerre le ramène à Lyon avec le grade d’aide-major de 2ème classe et il s’intéresse dans sa thèse à l’un des grands fléaux du temps, les maladies vénériennes. Il sera reçu docteur en médecine le 30 septembre 1919.

Commence la ronde des affectations, avec en particulier son premier poste au Liban, puis le Sud-Algérien où il se passionne pour les maladies locales. Poussé par un esprit scientifique hors du commun, il suit le grand cours de l’Institut Pasteur, le cours d’hygiène de la faculté de médecine de Paris, celui de dermatologie-vénérologie de l’Hôpital Saint-Louis et enfin celui de technique sanitaire aux Arts et Métiers. Clinicien, anatomo-pathologiste, biologiste et hygiéniste, il est affecté au laboratoire de recherches bactériologiques et sérologiques du Val-de-Grâce, passe le concours de médecin des hôpitaux et devient chef du service de dermatologie-vénérologie. Il poursuit brillamment son parcours académique en obtenant l’agrégation en juin 1930, au sein de la chaire des maladies et épidémies des armées. 

Pendant toutes ces années et celles qui allaient précéder la seconde guerre mondiale, son activité scientifique fut considérable, non seulement dans son domaine de prédilection qui étaient les maladies sexuellement transmissibles et la dermatologie, mais aussi dans le domaine encore plus large des maladies infectieuses autochtones et tropicales. Il lui revient entre autres d’avoir décrit le premier cas de psitaccose identifié en France. Parmi tous ses multiples dons, il possédait au plus haut degré celui de l’innovation et devint l’un des pionniers de l’utilisation du cinéma pour les messages prophylactiques. Il fut également parmi les premiers à s’intéresser, dès 1936 à l’organisation de la transfusion sanguine en France avec les professeurs TZANK et JUILLARDS.

Pendant les années de tourmente de la 2ème guerre mondiale, le médecin colonel Lucien JAME, est affecté à Toulouse, à la tête du service de santé de la XVIIème région militaire et s’efforce de maintenir tant bien que mal la continuité des soins et de la prévention. Affecté en Afrique du Nord en 1941, chef du service de santé à Alger, puis au Maroc, il est nommé médecin général inspecteur en avril 1944. Il prend la tête de l’ensemble du Service de santé en Afrique du Nord, assume la lourde responsabilité d’organiser le Service de santé du Corps expéditionnaire Français en Italie et celui du débarquement de la première armée Française en Provence. En octobre 1944, il est nommé inspecteur général technique du Service de santé. Ses compétences en font un des meilleurs experts Français sur les multiples problèmes d’hygiène et de prophylaxie dans les armées combattantes.

Les années d’après-guerre le verront prendre la présidence de la société Française de Dermatologie, celle du comité consultatif de santé et la réorganisation de la délégation de la croix-rouge Française en Allemagne. Inspecteur des écoles du Service de santé et des hôpitaux militaires d’instruction en mars 1948, il a l’honneur d’être nommé le 1er janvier 1949 premier directeur central du Service de santé des armées regroupant Terre, Air, Mer.  On ne pouvait pas rendre un plus grand hommage à sa capacité exceptionnelle d’innovation, car la charge d’inventer un service de santé unifié était alors ce qu’on appelle maintenant un grand challenge et une première pour l’époque. Il quittera le service en 1951. Le Service de santé actuel lui doit beaucoup.

Derrière le médecin militaire, il faut aussi décrire l’homme. Lucien JAME a fait preuve tout au long de sa carrière d’une très grande exemplarité dans tout ce qu’il a entrepris, de qualités techniques et humaines soulignées par tous ses collaborateurs, d’un patriotisme à toute épreuve et d’une capacité d’innovation qui lui ont permis de faire face aux épreuves qui n’ont pas manqué au cours du XXème siècle. Il avait la même passion de jeunesse qu’un de ses contemporains célèbre, sir Winston CHURCHILL : le dessin et la peinture. Comme celui-ci, il profitera du temps qui lui reste pour assouvir cette passion et ne cessera plus de peindre jusqu’à sa mort, en 1969.

Lauréat de l’Académie de médecine, le médecin général inspecteur Lucien JAME était Grand Officier dans l’ordre de la légion d’honneur, croix de guerre 14-18, et titulaire de très nombreuses distinctions Françaises et étrangères.

L’homme, le médecin, le scientifique, l’organisateur et on peut ajouter l’artiste méritait de voir sa mémoire conservée et honorée au sein du service. Vous avez choisi de porter le nom de cet ancien exemplaire. Promotion médecin général inspecteur Lucien JAME, ce nom vous engage à faire honneur autant qu’il l’a fait à votre identité de médecin militaire. »

Nul doute au vu de la qualité de leur chant et de leur défilé que les jeunes élèves chercheront tout au long de leur carrière à se montrer digne de leur illustre parrain.

[1] Extrait de l’allocution du médecin général inspecteur Jean-Didier C., commandant l’Ecole de santé des armées

 


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